Journée de réflexion

Vendredi dernier, dans le cadre de ma formation doctorale, j’ai assisté à une journée d’étude très intéressante dont le thème était: les ados et les sciences. Ce thème a été choisi car, bien que nos adolescents reconnaissent le fait que les sciences permettent une meilleure compréhension du monde et une source de découverte intarissable et bien que dans leur quotidien ils soient les témoins des opportunités de carrière qu’offrent les sciences, peu d’entre eux poursuivront des études scientifiques après le secondaires. Cette journée de réflexion se présentait comme une analyse de la situation actuelle en Belgique.

Journée de réflexion dans Ado et sciences adossciencesv

La journée commençait par un petit film, travail de deux étudiants en journalisme de l’Université de Liège. Il s’agissait d’un reportage réalisé auprès d’élèves du secondaire supérieur dans 5 écoles de tous les réseaux et types d’enseignement. Le reportage a montré que les filles et les garçons portaient un intérêt équivalent aux sciences mais que les filles étaient plus intéressées par la biologie alors que les garçons s’intéressaient plus à la physique. Les jeunes interrogés expliquait que la biologie les intéressait d’avantage que la physique et la chimie parce qu’elle expliquait comment fonctionnait l’organisme. La physique étant trop compliquée, selon eux et la chimie bien trop abstraite. Quand on leur a demandé pourquoi les gens n’aimaient pas la science, ils étaient tous d’accord de dire que les sciences étaient plus complexes que les autres domaines. Ils ont mis en évidence également un manque d’intérêt car ils ne voyaient pas vraiment le rapport avec la vie quotidienne et que leurs profs étaient très peu motivant. Ils regrettent souvent que les supports soient trop techniques et pas assez visuels. Trop de théorie et pas assez de pratique.

Lors de la table ronde qui a suivi et qui rassemblait psychologue, inspecteur de cours de sciences et scientifique leur analyse de la situation a permis de mieux comprendre ce qui se passait dans la tête de nos adolescents. Ainsi, l’intérêt porté par les jeunes à la biologie viendrait du fait que celle-ci à rapport au corps. L’adolescent est en plein changement corporel et en questionnement et la biologie lui permet de mieux appréhender ce qui est en train de changer en lui. C’est aussi pour lui une période pendant laquelle il prend de la distance par rapport à l’autorité en place: les parents à la maison, les profs à la l’école. Il s’oppose à ce qui représente l’autorité, la contrainte et la rigueur et c’est exactement ce que représente la physique qui s’appuie sur la rigueur des mathématiques. L’adolescent à besoin de réponse à ses questions, il a besoin de s’identifier à des modèles, il a un besoin de représentation et pas d’abstrait. Il faudrait pouvoir, dans la mesure du possible, dépasser le gouffre qui s’est creusé entre la théorie et la pratique afin que les sciences à l’école puissent répondre à des questions et permettent de résoudre des problèmes.

Les adolescents obtiennent une marée d’informations, pas toujours très correcte en provenance des média de diffusion. Leur rapport à l’information qu’on leur donne et leur rapport à l’enseignement évolue au fil du temps. Ainsi, de 12 ans à 14 ans, ils sont plus intéressés par le sensationnel que par l’intérêt intrinsèque des sciences. De 14 à 16 ans, ils se comportent un peu de la même manière avec un rapport à l’autorité plus difficile. De 16 à 18 ans, ils se montrent plus intéressés par ce qu’on lui apprend. La science devient une voie possible d’études, d’investissement professionnel. Néanmoins, les ados restent sensiblement attirés par les animaux et les phénomènes exceptionnels (requins, piranhas, anaconda, …). Ils arrivent souvent avec des informations qui ne sont pas exactes ou qui manquent de pertinence en provenance de médias divers et variés. La solution est de provoquer le dialogue, les encourager à obtenir des réponses aux questions qu’ils se posent.

Finalement, malgré les faibles performances scientifiques (PISA 2006) des étudiants de francophonie (communauté française, Luxembourg et France), les jeunes semblent manifester un certain intérêt vis-à-vis des sciences et pour nos petits belges francophones, particulièrement envers la biologie humaine, la physique, la chimie et l’astronomie. Ils éprouvent un certain plaisir à apprendre les sciences, ils pratiquent des activités scientifiques en dehors de l’école, pensent à en faire leur métier mais ils déplorent le manque de temps accordé au laboratoire, à l’expérimentation et trouvent qu’ils manquent d’information sur les carrières scientifiques.

Rien n’est donc perdu, il n’y a pas rupture nette entre les ados et les sciences, il faudrait à l’avenir tenter de mieux comprendre comment rendre les sciences plus accessibles à la jeunesse.

Crazyscientist



Laisser un commentaire

KERAI BOUDJEMAA |
2011 - Année Internationale... |
Mystères de la Dame Blanche... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | jerseys123
| MARS SCOOP : Incroyables dé...
| Stefy Voyance